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Plan de développement des compétences : où mettre l'IA en 2026

Learn RoomDate5 min de lecture

Vous bouclez le plan de développement des compétences pour 2026 et la question de l'IA s'impose : faut-il l'inscrire dans le plan, sur quels postes, avec quels objectifs et quel budget ? L'erreur la plus fréquente est de vouloir tout couvrir d'un coup. Ce guide aide les DRH et responsables formation à structurer leur démarche : quelles compétences IA inscrire par famille de métier, comment prioriser, comment articuler avec le financement OPCO et comment mesurer les résultats d'une année sur l'autre.

Quelles compétences IA inscrire au plan de développement des compétences en 2026 ?

Le plan de développement des compétences (PDC) est le cadre légal, institué par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018, qui regroupe l'ensemble des actions de formation mises en oeuvre à l'initiative de l'employeur pour ses salariés. Il remplace depuis le 1er janvier 2019 l'ancien plan de formation. Inscrire des formations à l'IA dans le PDC, c'est les intégrer dans la stratégie de développement de l'entreprise, avec les conséquences pratiques que cela implique : financement possible via l'OPCO, traçabilité des acquis, suivi de l'adoption dans le temps.

La première étape concrète consiste à distinguer deux niveaux de compétences IA à couvrir. Le premier est transversal : toutes les équipes, quelle que soit la fonction, sont concernées par l'usage des outils d'IA générative dans la rédaction, la synthèse de documents et la gestion de l'information. Ce socle commun peut faire l'objet d'une formation courte, de quelques heures à deux jours, et se déployer à l'échelle de l'ensemble des collaborateurs. Le second niveau est métier : chaque famille de postes a ses propres cas d'usage IA, qui appellent une formation spécifique et plus approfondie.

Le tableau ci-dessous propose une cartographie des compétences IA à inscrire en priorité par famille de métier, avec le format de formation adapté à chaque cas. Il s'agit d'un point de départ pour cadrer votre PDC IA, pas d'une liste exhaustive.

Famille de métiersCompétences IA prioritaires à inscrire au PDCFormat recommandé
Administration, gestion, assistanatUsage des assistants IA (Copilot, ChatGPT) pour la rédaction, la synthèse et la mise en forme de documentsFormation courte (1 à 2 jours)
Commerce, relation clientRédaction assistée d'emails et de propositions, prise en main des modules IA du CRMFormation courte à mi-parcours (2 à 3 jours)
Finance, comptabilitéLecture automatique de factures, rapprochement bancaire assisté, extraction de données structuréesFormation courte spécialisée (1 à 2 jours)
RH, recrutementPrésélection assistée de candidatures, rédaction d'annonces, vigilance sur la non-discrimination algorithmiqueFormation courte + module conformité
Production, métiers techniquesAutomatisation des tâches documentaires récurrentes, contrôle qualité assistéFormation métier spécialisée (2 à 5 jours)
Communication, marketingGénération d'ébauches de contenus, création d'images assistée, analyse de performanceFormation courte à mi-parcours (2 à 3 jours)

Comment prioriser les métiers à former à l'IA en premier ?

Inscrire l'ensemble de ces compétences dans un seul PDC annuel n'est pas réaliste, et ne serait probablement pas efficace : former tout le monde en même temps sur tout dilue les ressources et rend le suivi de l'adoption impossible. La priorisation est donc la décision structurante du responsable formation au moment de la construction du plan.

Trois critères permettent de la cadrer. Le premier est le niveau d'exposition aux tâches automatisables : les postes qui consacrent une part significative de leur temps à des tâches répétitives et structurées (saisie, synthèse, mise en forme, rédaction standard) ont le plus à gagner d'une montée en compétences IA rapide. Le deuxième est le volume : former une équipe homogène de 20 à 30 personnes sur un même cas d'usage produit un retour bien plus visible qu'une formation dispersée sur des profils très différents. Le troisième critère, souvent sous-estimé, est l'appétence : des collaborateurs volontaires et curieux sont de meilleurs relais internes qu'une cohorte contrainte, et leur adoption crée un effet d'entraînement sur le reste de l'équipe.

En pratique, un séquençage en deux ou trois cohortes successives est plus efficace qu'un déploiement général unique. La première cohorte, composée des postes les plus exposés et des profils les plus ouverts, sert à valider le dispositif, à produire des retours concrets et à créer des ambassadeurs internes pour la suite. Cette logique de déploiement par vagues est développée dans le guide complet pour former ses équipes à l'IA en entreprise, qui aborde également la question de l'acculturation préalable pour les équipes les moins familières avec les outils numériques. Une fois la première cohorte choisie, reste à l'annoncer sans déclencher de réticence : notre guide comment annoncer une formation IA à son équipe sans résistance détaille une méthode concrète.

Formation IA obligatoire ou non dans le PDC : où mettre le curseur ?

La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 distingue deux catégories d'actions dans le PDC. La première regroupe les formations dites obligatoires ou nécessaires à l'exercice du poste : elles se déroulent sur le temps de travail avec maintien intégral du salaire. La seconde regroupe les autres actions de développement des compétences, qui peuvent se dérouler partiellement en dehors du temps de travail, dans la limite de 30 heures par an et par salarié, avec contrepartie financière. Tous les salariés liés par un CDI, un CDD, un contrat d'apprentissage ou un contrat de professionnalisation peuvent en bénéficier.

Pour une formation à l'IA, le choix de la catégorie n'est pas toujours immédiat. Il dépend du poste et de la situation réelle. Si l'IA est déjà intégrée dans les outils du poste (un logiciel métier qui inclut des fonctions IA désormais actives par défaut, par exemple), la maîtrise de ces fonctions peut légitimement relever de la première catégorie : elle est nécessaire à l'exercice normal du poste. Si la formation IA représente un enrichissement souhaitable mais non indispensable à court terme, elle s'inscrit plus naturellement dans la seconde catégorie. Ce n'est pas un choix purement administratif : c'est un positionnement stratégique qui conditionne le niveau d'engagement attendu des collaborateurs et les conséquences d'un éventuel refus.

Le règlement européen sur l'IA (règlement UE 2024/1689, dit IA Act), applicable depuis le 2 février 2025 sur la question de la maîtrise de l'IA (article 4, dit « AI literacy »), introduit une exigence propre aux entreprises qui déploient des systèmes d'IA. Ce point est traité dans le détail dans l'article dédié aux obligations légales de formation IA en entreprise. En dehors de ce cadre précis et limité, il n'existe pas à ce jour d'obligation générale de former l'ensemble des salariés à l'IA : inscrire des formations IA au PDC reste une décision stratégique de l'employeur, pas une contrainte légale systématique.

Type d'action dans le PDCTemps de travailSalaireRefus du salarié
Formation nécessaire à l'exercice du posteSur le temps de travailMaintenu intégralementPeut constituer une cause réelle de licenciement
Action de développement volontairePeut être hors temps de travail, max 30 h/anContrepartie financière prévuePossible sans conséquence disciplinaire

Comment articuler le PDC avec le financement OPCO ?

Le financement des actions inscrites au PDC passe en grande partie par les Opérateurs de Compétences (OPCO). Le mécanisme diffère selon la taille de l'entreprise. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, l'OPCO accède à des fonds mutualisés qui peuvent contribuer au financement des formations inscrites au PDC. Pour les entreprises de 50 salariés et plus, les fonds mutualisés ne sont plus accessibles depuis la réforme de 2019 : l'entreprise finance son PDC sur son budget formation propre, avec la possibilité d'effectuer des versements volontaires à son OPCO pour compléter ce financement.

Dans les deux cas, le point de départ pratique est le même : contacter l'OPCO de la branche, déterminé par la convention collective applicable à l'entreprise, en amont de la construction du PDC pour connaître les priorités de financement de la branche pour l'année en cours. Ces priorités évoluent chaque année et peuvent soutenir explicitement les formations à l'IA ou à la transition numérique. Présenter une demande de prise en charge en adéquation avec ces priorités augmente les chances d'obtenir un soutien. La prise en charge n'est jamais garantie a priori : elle dépend des droits de l'entreprise, des fonds disponibles et de l'adéquation de la formation avec les priorités de branche. Pour un tour d'horizon des dispositifs mobilisables, l'article OPCO et formation IA : ce que votre entreprise peut financer détaille les mécanismes et les conditions concrètes.

Un levier complémentaire souvent négligé : le CPF des salariés peut, dans certains cas, être cofinancé par l'entreprise pour une formation IA certifiante, réduisant d'autant la part du budget formation interne. Ce mécanisme ne s'applique qu'aux formations adossées à une certification active au Répertoire spécifique (RS) ou au RNCP, et suppose l'accord du salarié concerné. Il ne se substitue pas au PDC mais peut l'alléger sur des parcours certifiants individuels.

Comment mesurer la montée en compétences IA d'une année sur l'autre ?

L'une des difficultés propres aux formations IA, par rapport aux formations techniques classiques, est la mesure de l'impact réel sur les pratiques. Une formation est achevée quand le salarié a suivi toutes les heures prévues et passé l'évaluation finale. Mais ce taux d'achèvement ne dit rien sur ce qui se passe ensuite : les outils IA sont-ils effectivement utilisés, dans quels contextes, avec quelle régularité ?

Trois niveaux de mesure sont actionnables dans le cadre d'un PDC IA structuré. Le premier est le taux d'achèvement et de satisfaction, collecté en fin de formation : il évalue la qualité du dispositif pédagogique, pas encore l'impact métier. Le deuxième est l'indicateur d'adoption à 30 et 90 jours, via un questionnaire court envoyé aux participants un mois et trois mois après la formation, pour savoir si et comment ils utilisent l'IA dans leur travail quotidien. Ce type de suivi à froid, souvent appelé « pulse survey », est l'indicateur le plus pertinent pour piloter un PDC IA : il permet d'identifier les équipes qui ont besoin d'un accompagnement supplémentaire et celles qui produisent déjà des cas d'usage réels. Le troisième niveau, plus exigeant mais très parlant pour la direction, est la mesure d'un indicateur métier avant et après la formation : temps de traitement d'une tâche récurrente, volume de documents traités, satisfaction interne sur les délais.

Ces trois niveaux de mesure s'intègrent naturellement dans le bilan annuel du PDC. Ils correspondent également aux indicateurs de résultats exigés par le Référentiel National Qualité Qualiopi (indicateur 2) pour les organismes de formation. Demander à votre prestataire de vous fournir ces données structurées, pas seulement le taux de satisfaction à chaud, est une exigence légitime dès la contractualisation. Pour un chiffrage plus complet du retour sur investissement à présenter à la direction, l'article quel ROI attendre d'une formation IA pour vos équipes détaille une méthode de calcul.

Former vos équipes à l'IA : l'offre entreprises de Learn Room

Learn Room est un organisme de formation certifié Qualiopi au titre des actions de formation. Nous accompagnons les entreprises qui souhaitent inscrire des formations à l'IA dans leur plan de développement des compétences : cadrage des besoins par métier, montage du dossier OPCO, déploiement en sessions distancielles sans interruption de l'activité, et suivi de l'adoption après la formation. Plus de 92 % des alumni interrogés déclarent utiliser l'IA dans leur quotidien professionnel et estiment avoir réellement gagné en productivité (enquête alumni interne Learn Room), ce qui traduit une adoption concrète, pas seulement un taux de satisfaction de fin de parcours.

Si vous construisez ou révisez votre PDC pour 2026 et souhaitez y intégrer une brique IA, l'étape la plus utile est une conversation directe sur vos équipes, vos postes et votre contrainte budgétaire réelle. Retrouvez l'offre entreprises de Learn Room ou prenez directement un créneau pour en discuter : pas de formulaire générique, une discussion sur ce qui est actionnable dans votre situation. Pour orienter individuellement un collaborateur vers le parcours le plus pertinent selon son métier, avant même l'entrée en formation collective, le quiz Quelle formation IA pour mon métier ? donne une première réponse en quelques minutes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le plan de développement des compétences (PDC) est le cadre légal pour inscrire les formations IA à l'initiative de l'employeur, avec accès possible au financement OPCO selon la taille de l'entreprise.
  • Deux niveaux de compétences IA sont à prévoir : un socle transversal pour toutes les équipes (rédaction, synthèse, IA bureautique) et des compétences métier spécifiques à déployer par famille de postes.
  • La priorisation repose sur trois critères : exposition aux tâches automatisables, volume de postes concernés pour maximiser l'effet, et appétence des collaborateurs pour faciliter l'adoption.
  • Une formation IA peut être inscrite comme formation obligatoire (nécessaire au poste, temps de travail maintenu, refus risqué) ou comme action de développement volontaire (max 30 h/an hors temps de travail). Le choix engage l'employeur.
  • Le financement OPCO dépend de la taille de l'entreprise : fonds mutualisés accessibles pour les moins de 50 salariés, versements volontaires pour les plus grandes. La prise en charge n'est jamais automatique et dépend des priorités de branche.
  • La mesure de la montée en compétences IA passe par trois niveaux : satisfaction à chaud, adoption à 30-90 jours via pulse survey, et indicateur métier avant/après pour convaincre la direction.