Comprendre IFC pour maîtriser les workflows OpenBIM

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15 Jun 26
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Comprendre IFC pour maîtriser les workflows OpenBIM

Le format IFC est censé faciliter l'interopérabilité entre les différents logiciels BIM, mais il est encore source de confusion et d’erreurs fréquentes en coordination de projets multi-disciplinaires. Cet article technique vous guide à travers une méthodologie pratique en 5 étapes pour exploiter IFC efficacement et instaurer des échanges de données structurés et fiables, essentiels à la réussite d’un workflow OpenBIM dans le contexte français et européen.

Pourquoi la compréhension d’IFC est cruciale en BIM

IFC (« Industry Foundation Classes ») est plus qu’un simple format de fichier : c’est un schéma de données qui organise la structure et les relations des informations d’un modèle numérique, indépendamment du logiciel utilisé. En France, avec la montée en vigueur de la RE2020 et les exigences croissantes de la coordination BIM, maîtriser ce schéma est devenu indispensable.

Nombreux sont les professionnels qui savent modéliser mais ne maîtrisent pas les enjeux de la structuration, du contrôle et de la transmission d’informations via IFC. Ce déficit génère :

  • Des exportations inconsistantes avec des données manquantes ou erronées.
  • L’absence de validations systématiques conformes aux normes.
  • Une communication inefficace entre disciplines sur les problèmes relevés dans les outils de coordination.

Ce constat est particulièrement vrai dans des projets complexes impliquant plusieurs plateformes (Revit, Tekla, Archicad, Solibri) où la diversité des templates et pratiques fait obstacle à une collaboration fluide.

Étape 1 : Comprendre ce qu’est IFC réellement

Contrairement à l’idée reçue, IFC ne définit pas l’apparence graphique du modèle, mais la manière dont l’information est structurée et reliée. Ainsi, IFC 4.3, la dernière version majeure, apporte des améliorations significatives :

  • Meilleure gestion des géométries complexes et des éléments d’infrastructure.
  • Une cartographie accrue des propriétés pour une transmission fidèle des données.
  • Compatibilité renforcée avec les normes européennes et internationales.
« IFC est un langage commun structurant les données BIM pour permettre une interopérabilité vérifiable entre logiciels. » - BuildingSMART International

Visualiser la décomposition spatiale d’un projet dans le schéma IFC aide à comprendre comment les données sont hiérarchisées et reliées, ce qui facilite les échanges et le contrôle de cohérence.

Décomposition projet selon schéma IFC

Étape 2 : Définir précisément les besoins avec IDS (Information Delivery Specification)

Avant toute exportation, il faut correctement définir les exigences du projet via un IDS, un document qui formate les attentes sur les données à fournir. C’est une étape primordiale pour :

  • Garantir que chaque entité porte les attributs indispensables (ex : classement feu des murs, identifiants uniques des portes).
  • Assurer la conformité aux règles métier propres au chantier.
  • Simplifier les contrôles automatisés en phase de coordination.

Solibri est un outil reconnu pour créer et gérer les spécifications IDS. Par exemple, on peut y créer une règle vérifiant que tous les éléments porteurs aient une définition matériau conforme aux Eurocodes et DTU applicables en France.

Configuration des spécifications IDS dans Solibri

Étape 3 : Exporter avec rigueur et paramétrage maîtrisé

Dans Revit ou un autre logiciel de CAO/DAO, le choix de la version du schéma IFC (2x3, 4 ou 4.3) influence directement la qualité de l’interopérabilité. Quelques points essentiels :

  • Version IFC : préférez IFC 4.3 pour les projets nécessitant une restitution précise des géométries et des infrastructures complexes.
  • Mappage des paramètres : adaptez soigneusement les paramètres Revit aux propriétés IFC pour éviter pertes d’information.
  • Point de base : vérifiez le Project Base Point et l’Internal Origin afin d’assurer un positionnement coordonné sur l’ensemble des disciplines, conforme aux recommandations du DTU et à la norme NF EN ISO 19650.

Voici un extrait typique des paramètres d’export dans Revit à vérifier :

IFC Export Version: IFC 4.3
Include Property Sets: True
Coordinate System: Project Base Point
Filter: Custom export sets aligned with IDS
Export IFC dans Revit : définition des entités

Étape 4 : Valider systématiquement votre modèle avec des outils adaptés

Une bonne pratique incontournable est d’intégrer une étape de validation modèle avant chaque coordination. Cela consiste à :

  • Comparer les modèles IFC exportés aux exigences définies par l’IDS.
  • Vérifier la présence, la géométrie, et la cohérence des propriétés.
  • Utiliser des outils comme Solibri, Navisworks ou DDS-CAD qui proposent des contrôles automatisés pour identifier rapidement les anomalies.

Cette validation évite la propagation d’erreurs, réduit les re-travaux et améliore la qualité globale du projet.

« Les validations de modèles IFC conformément à l’IDS assurent la qualité des livrables BIM et sont un pilier dans les marchés publics conformément à la norme NF EN ISO 19650. » - CSTB

Étape 5 : Communiquer efficacement avec le format BCF

BCF (BIM Collaboration Format) permet de créer un lien interactif entre les outils de coordination et les logiciels d’auteur. Il contient les problèmes relevés, les commentaires et les points d’attention, améliorant la boucle de feedback entre les équipes techniques.

Cette communication est essentielle pour transformer des avis isolés en un véritable travail collaboratif, tout en conservant chaque intervenant dans son environnement logiciel spécifique.

Workflow complet IFC - IDS - BCF dans Solibri

Conclusion : Vers une maîtrise opérationnelle d’OpenBIM

La maîtrise du format IFC est une compétence stratégique qui va bien au-delà de la simple exportation de fichiers. Elle s’inscrit dans un processus complet intégrant la définition de besoins (IDS), la rigueur d’export, la validation systématique et une communication fluide via BCF.

Pour les projets en zone tempérée comme Paris ou Lyon, cela permet d’aligner précisément la coordination aux exigences normatives nationales (DTU, NF EN ISO 19650) et aux contraintes des zones climatiques selon la RE2020.

Architectes, ingénieurs et coordinateurs BIM : investissez-vous dans ces étapes pour éviter les erreurs courantes, gagner en efficacité et garantir la qualité de vos projets numériques.

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à retenir

  • IFC est un schéma de données structurant les échanges d’informations BIM, pas un simple format 3D.
  • La définition claire des besoins via IDS est essentielle pour des exportations cohérentes et conformes.
  • Le choix rigoureux des paramètres d’export IFC garantit une interopérabilité fiable entre logiciels.
  • La validation des modèles avec des outils dédiés évite les erreurs en coordination et améliore la qualité finale.
  • Le format BCF facilite la communication efficace des problèmes et favorise une collaboration véritable.

questions fréquentes

q : Quelle version d’IFC choisir pour mon projet ?
r : Pour des projets complexes ou infrastructurels, IFC 4.3 est recommandé grâce à ses améliorations sur la géométrie et la gestion des propriétés. Pour des projets simples, IFC 2x3 peut suffire.

q : Comment s’assurer que mon export IFC est conforme ?
r : Utilisez des spécifications IDS pour définir les exigences, puis validez avec des logiciels comme Solibri avant toute coordination.

q : Le format BCF est-il compatible avec tous les outils BIM ?
r : BCF est largement supporté par les principaux outils de coordination et autorisation comme Navisworks, Solibri, Revit et Tekla, facilitant les échanges d’informations.

sources

auteur : ignacy lozinski — organisme de formation indépendante spécialisée BIM.

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