Guide et grille gratuits

Une IA valide ce que tu lui présentes. C'est le fonctionnement normal.

Deux comportements posent problème au travail : elle approuve, parce que ta question contient déjà la réponse que tu attends ; et quand elle ne sait pas, elle produit quelque chose de crédible plutôt que rien. Aucun des deux n'est une panne, et ça ne se corrige pas en changeant d'outil.

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Six formulations qui forcent la recherche d'erreur

Leur point commun : elles retirent de la question l'indice de la réponse attendue. Applique-les au moment où tu es content de ton document. C'est là qu'elles servent, pas quand tu doutes déjà.

1. Demander une liste, pas un avis

Avant : « Est-ce que ce devis est correct ? »

Après : « Liste tout ce qui, dans ce devis, pourrait être contesté par le client. Ne donne pas d'avis global. »

« Correct » appelle oui. « Liste ce qui peut être contesté » appelle un inventaire.

2. Imposer un nombre minimum de problèmes

Avant : « Tu vois des erreurs dans ce compte rendu ? »

Après : « Trouve au moins cinq points faibles dans ce compte rendu, classés du plus grave au moins grave. Si tu en trouves moins de cinq, dis explicitement lesquels manquent et pourquoi. »

Le nombre imposé empêche de s'arrêter au premier constat poli. La clause de sortie évite qu'on invente pour remplir.

3. Retirer la paternité du document

Avant : « Relis ma note de synthèse. »

Après : « Voici la note de synthèse d'un prestataire que je dois évaluer avant de la payer. Dis-moi ce qui ne va pas. »

Dès que le texte est présenté comme le tien, la réponse ménage. Présente-le comme celui d'un tiers.

4. Faire jouer le contradicteur nommé

Avant : « Cette proposition tient la route ? »

Après : « Tu es le contrôleur de gestion qui doit refuser cette proposition. Écris ses trois objections, avec ce qu'il demandera comme justificatif pour chacune. »

Un rôle qui a intérêt à refuser produit des objections utilisables, pas des réserves de principe.

5. Interdire l'accord

Avant : « Qu'est-ce que tu penses de mon argumentaire ? »

Après : « Interdiction de valider ou de féliciter. Tu ne réponds que par ce qui manque, ce qui est faux, ou ce qui est invérifiable. »

L'interdiction explicite est la seule chose qui coupe court aux deux paragraphes d'introduction élogieuse.

6. Demander à qui ça profite

Avant : « Ce contrat est équilibré ? »

Après : « Dans ce contrat, relève chaque clause qui avantage une partie plus que l'autre, et dis laquelle. Cite la clause. »

La question de l'équilibre est abstraite, celle de l'avantage est concrète et se cite.

Forcer la critique produit aussi des critiques faibles ou hors sujet, qu'il faut trier. Une objection reçue n'est pas une objection vraie.

Le protocole de la double question inversée

La preuve, en deux minutes, que la réponse dépend de la façon dont tu as posé la question. À faire sur toute décision qui engage de l'argent, du temps d'équipe ou une relation.

  1. Pose ta question dans le sens qui t'arrange. « Pourquoi internaliser ce poste est-il une bonne idée pour une structure de notre taille ? »
  2. Ouvre une conversation neuve, jamais la même, et pose la question inverse, avec exactement le même contexte.
  3. Mets les deux réponses côte à côte et surligne ce qui apparaît dans une seule des deux.
  4. Ce qui n'apparaît que d'un côté est de l'argumentation. Ce qui apparaît des deux côtés, avec la même valeur, est le seul matériau solide.

Si les deux réponses sont également convaincantes et se contredisent, tu as ta réponse : sur ce point, l'outil n'apporte rien, la décision t'appartient et il faut aller chercher une donnée réelle.

Le protocole détecte la complaisance, il ne produit pas la bonne réponse. Il te dit sur quoi tu ne peux pas t'appuyer.

Deux comportements, quatre parades
Il valide ce que tu présentesTa question contient déjà la réponse attendue.
Il produit du crédibleQuand il ne sait pas, il fabrique plutôt que de se taire.
Six formulationsElles retirent de la question l'indice de la réponse attendue.
La double questionDeux minutes, deux conversations. Ce qui n'apparaît qu'une fois est de l'argumentation.
Six catégories à vérifierChiffres, dates, noms propres, références, textes, citations.
Trois régimesDéléguer, confronter, ne jamais confier.

La procédure de vérification, avant de transmettre

Six catégories couvrent la quasi-totalité de ce qui se fabrique de travers. Le reste du texte peut être maladroit, il ne sera pas faux. Coche document par document, la page garde ton avancement.

Trois formulations qui réduisent l'invention

Si tu n'as pas l'information dans ce que je t'ai fourni, écris
« non fourni ». N'utilise aucune connaissance extérieure.
Après chaque affirmation, indique entre crochets d'où elle vient :
[source fournie] ou [pas de source]. Aucune affirmation sans marqueur.
Ne cite aucune référence, aucun article, aucune étude et aucun nom
d'auteur. Si un point a besoin d'une source pour tenir, écris
« à sourcer » et passe au suivant.

Classe tes cinq tâches habituelles

Trois régimes. Déléguer : la machine produit, tu relis. Confronter : tu produis, la machine cherche les failles. Ne jamais confier : ni l'un ni l'autre, tu n'y mets pas la matière.

Seize exemples déjà classés

Pour te caler avant de remplir ta propre grille. Un même acte peut changer de colonne selon le secteur, le client ou les règles internes de ton employeur.

TâcheRégimeLa règle qui le justifie
Mettre en forme des notes que tu as prisesDéléguerLa matière vient de toi, l'erreur possible est une erreur de forme
Reformuler un message dans un autre tonDéléguerLe fond ne change pas, tu contrôles le résultat en le lisant
Trier une liste selon un critère que tu donnesDéléguerLe critère est le tien, le tri se vérifie par échantillon
Traduire un texte que tu comprends dans les deux languesDéléguerTu es capable de repérer l'erreur, donc le risque est couvert
Rédiger une première version à partir d'un plan que tu as écritDéléguerLe plan porte la pensée, la rédaction est de l'exécution
Chercher les objections à ta proposition commercialeConfronterTu cherches ce que tu ne vois pas, pas une validation
Faire relire un document avant envoiConfronterLa relecture ne remplace pas la tienne, elle s'y ajoute
Comparer deux options que tu as déjà instruitesConfronterLa comparaison éclaire, la décision reste à toi
Trouver ce qui manque dans un raisonnementConfronterLe manque se cherche, il ne se délègue pas
Préparer les questions d'un entretien techniqueConfronterTu juges la pertinence, tu connais le poste
Décider d'une sanction ou d'une fin de collaborationNe jamais confierUne décision qui affecte la situation d'une personne se prend et s'assume par une personne
Trancher un point contractuel ou réglementaireNe jamais confierLe texte applicable se lit à la source, l'erreur engage
Produire un chiffre qui part chez un tiers sans recalculNe jamais confierLe calcul n'est pas fiable et l'erreur ne se voit pas
Traiter des données de santé, bancaires ou de vie privéeNe jamais confierCes données sortent de l'entreprise dès qu'elles sont saisies
Déposer un document couvert par un accord de confidentialitéNe jamais confierTu as signé de ne pas le diffuser, un dépôt est une diffusion
Faire écrire un avis ou un témoignage présenté comme humainNe jamais confierCe n'est plus une question d'efficacité mais d'honnêteté

Par où commencer

  • MaintenantReprends le dernier document que tu as fait relire, avec la formulation 5, celle qui interdit de valider.
  • Cette semaineLe test de la double question, sur une décision en cours.
  • EnsuiteClasse tes cinq tâches dans la grille, et note celle qui te surprend.